Les médecins du Québec en faveur du DSQ
Une histoire de réussite du DSE
Par Claude Poirier, ing., M.D., M.Sc.
Notre système de santé est complexe : l'universalité d'accès, amplifiée, entre autres, par une population vieillissante, une augmentation de la durée moyenne de vie, une explosion dans les développements technologiques, incluant la médication, ont créé des pressions financières considérables sur les gouvernements. Tous se demandent comment nous arriverons à freiner la croissance importante des coûts du système de santé, tout en préservant les caractéristiques fondamentales du système de santé canadien.
Parallèlement, les connaissances en médecine augmentent de façon exponentielle et entraînent une augmentation de l'information clinique nécessaire pour pratiquer une médecine de qualité et sécuritaire. La pratique de la médecine peut maintenant, et à juste titre, être considérée non pas uniquement comme une discipline clinique, mais comme une science dont l'ingrédient fondamental est la gestion de l'information. On sait déjà que les principales pathologies traitées par les médecins sont les maladies chroniques. Or, pour être en mesure de bien faire son travail, le médecin d'aujourd'hui a besoin, tout au moins, d'un système d'information qui lui fournit l'ensemble des données cliniques essentielles concernant son patient, quel que soit le lieu où celui-ci reçoit des services.
Actuellement, la pratique de la médecine, qui se veut une pratique du 21e siècle, ne peut compter que sur un système d'information qui date du 16e siècle: le système papier! Devant ce constat, les médecins accueillent donc favorablement l'introduction d'un dossier de santé électronique (DSE), car ils savent que l'accessibilité, la qualité, la sécurité et la continuité des soins seront améliorées, en même temps que l'efficience du système de santé.
Avec l’arrivée du Dossier de santé du Québec (DSQ), chaque médecin et chaque professionnel de la santé habilité aura accès, de façon sécuritaire, à des données permettant de suivre son patient, notamment les résultats de laboratoire et de radiologie, le profil, pharmacologique, les vaccins ainsi que les données d'urgence. Je crois fermement que l'arrivée du DSQ aidera les cliniciens, particulièrement les médecins, et les incitera à continuer le processus d'informatisation de leur clinique.
Mais peut-on être certain que les médecins voudront s'approprier le DSQ? Cette question a été réglée : l'information clinique est essentielle. Les médecins ne se demandent plus pourquoi ils devraient s'informatiser, mais plutôt comment le faire et quelles en seront les conséquences sur l'organisation de leur travail.
Pour s'assurer du soutien des médecins et des autres professionnels dans ce grand projet, le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec a créé, avec le soutien financier d'Inforoute Santé Canada, le Réseau de soutien et de valorisation par les pairs (RSVP). Des recherches et des expériences d'autres pays démontrent que les professionnels font d'abord confiance à leurs pairs lorsqu'ils sont sollicités pour modifier leur pratique.
La priorité pour les prochaines années doit être l'intégration des cliniciens au processus d'implantation du DSQ, particulièrement les médecins qui œuvrent à l'extérieur des établissements publics de santé. Ce sont surtout les patients qui seront les plus grands gagnants de l'implantation du DSQ, un objectif commun aux cliniciens et au système de santé.
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