La télémédecine accélère l'accès aux soins au Nunavik
Une histoire de réussite du DSE
La réalité des soins médicaux au Nunavik est très différente de celle qu'on connaît dans le sud du Québec. L'éloignement et l'isolement géographique de la région, en plus du faible taux de population, font en sorte que les ressources spécialisées, tant professionnelles que techniques, ne sont pas toujours disponibles. Plus de 1200 transferts de patients par année vers les centres urbains pour des soins spécialisés ou d'urgence sont effectués, un grand nombre d'entre eux en raison de la non-disponibilité des ressources et de l'information clinique pertinente.
Dre Nathalie Boulanger en sait quelque chose! En effet, elle vit et pratique la médecine générale au Nunavik depuis 16 ans. Elle travaille au centre de santé Tulattavik de l'Ungava, à Kuujjuaq, qui dessert les quelque 4000 habitants de cette communauté et de celles de la baie d'Ungava. L'arrivée de la téléradiologie et de la télé-échographie rénale et cardiaque a constitué un virage important : « Avant, explique Dre Boulanger, lorsqu'une femme enceinte avait des problèmes, il fallait nécessairement la transférer à bord d'un vol commercial vers un centre hospitalier de Montréal. Aujourd'hui, c'est une gynécologue de l'hôpital Royal-Victoria qui examine la patiente à distance et interprète les résultats, en temps réel, sur écran, en guidant la technologiste médicale sur place. » Ce type d'intervention est rendu possible grâce à un dossier de santé électronique (DSE) et à un système de vidéoconférence par satellite, couplé à des appareils médicaux, comme un appareil d'échographie.
La télémédecine ne remplacera sans doute jamais les visites de médecins spécialistes itinérants au Nunavik, mais elle constitue une alternative viable. Le télédiagnostic ponctuel permet en effet d'éviter certains transferts, coûteux et éprouvants pour les patients, voire de planifier des transferts dans des circonstances plus favorables. Il permet aussi d'optimiser le traitement des patients, en leur évitant d'attendre trop longtemps avant d'avoir un rendez-vous ou d'entreprendre un traitement sur la base d'un diagnostic incomplet.
La situation géographique du Nunavik est un terreau fertile pour le développement de la télémédecine. Cela constitue l'un des enjeux majeurs pour la région. « La technologie facilite grandement notre travail et elle en fera de plus en plus partie, surtout avec l'arrivée prochaine du Dossier de santé du Québec », affirme Dre Boulanger.
Il existe 41 sites de télésanté au Yukon pouvant service à des soins médicaux et à des services de santé auxiliaires, ainsi qu’à des soins prolongés, des services de lutte contre l'abus d’alcool et de stupéfiants, des services sociaux et des soins en santé mentale. Le suivi des soins a également été grandement amélioré grâce à l’utilisation de la vidéoconférence qui permet aux praticiens de « voir » leurs clients tous les deux ou trois mois, soit trois fois plus souvent que lorsque des déplacements étaient requis.
Les technologies de l'information et les DSE promettent en effet de remédier à l'éloignement des grands centres urbains que subissent les régions isolées telles que le Nunavik.


